Portrait toulousain : René et Pascal, bouquiniste

Il faisait beau ce lundi après midi sur la rive gauche de Toulouse, dans le quartier Saint Cyprien lorsque je suis partis à la découverte d’un métier pas tout à fait comme les autres sur le « Marché aux vieux papiers » comme on l’appelle ici. Pascal et René, bouquinistes passionnés, ont accepté de partager avec moi leur expérience. Interview atypique.

Comment deviens-t-on bouquiniste ? Par vocation ? 

Les parents de Pascal étaient bouquinistes. Passionné de cinéma et musique, il décide lui aussi, il y a trente ans, de devenir bouquiniste. Parallèlement, il tient un magasin de disques et de cinéma pendant quinze ans qu’il a fermé il y a quatre ou cinq ans. Il n’aurait pas pu faire autre chose, même si dans sa  jeunesse il à touché « un peu à tout ». René aussi tenait un magasin de disques et de vinyles qu’il a fermé il y a un an. Avant cela, il était collectionneur de disque, il en possédait environ dix mille. Tout les deux ont fait les conventions du disques sur Bordeaux, Lyon, Marseille, Paris, etc.

Selon le dictionnaire français Larousse un bouquiniste est un « revendeur de livres d’occasion ». Etes-vous d’accord avec cette définition ?

Pascal est plutôt dubitatif, il ne se considère pas seulement comme un « revendeur », et puis il vend aussi des livres récents voit très récents. Tandis que pour René c’est plutôt oui.

Quels sont les dessous du métier de bouquinistes ? (côté positif et négatif)

Il faut se lever le matin de bonne heure car il faut être sur les marchés à 7h30. (Pascal ouvrait son magasin vers 10 ou 11 heures). Il y a aussi le temps. Lorsqu’il pleut c’est très difficile. Coté positif, il y a les rencontres avec les autres, la liberté (pas de patron) et le grand air.

Si vous deviez décrire le contact humain et culturel ?

Pour Pascal cela dépend des personnes mais il est le plus souvent très enrichissant. Les goûts des personnes sont très diversifiées. Beaucoup de curiosité aussi. L’âge des clients aussi est très divers : de 15 à 90 ans. La moyenne d’âge est néanmoins entre trente et cinquante ans.

Quels genres de livres avez – vous en exposition ?

Sur le stand de Pascal il y a de la littérature et il y a aussi des disques. C’est d’ailleurs ce dernier qu’il vend le mieux. Mais Pascal a Développer la vente sur Internet : Arts, ésotérisme, régionalisme, cinéma. C’est plus cher sur internet tandis que sur le marché les prix n’excède pas cinq euros pour un livre car sinon il ne se vend pas. Le roman est à deux euros chez René par exemple. Pascal envoi dans le monde entier, jusqu’au Japon. Il vend quotidiennement, c’est d’ailleurs grâce à ses ventes en ligne qu’il peut vivre de sa passion. Il y réalise la majorité de son chiffre d’affaire. René aussi à un site internet mais c’est sa compagne qui s’en occupe. Ce sont des livres bien précis qu’ils vendent sur Internet.

Au bout de combien de temps le livre est-il vendu en moyenne ?

cela dépend, ça peut être le jour même comme ça peut être un an après.

Est-ce grâce aux brocantes que vous vous procurez les livres ?

Les vide grenier et beaucoup les particuliers qui revendent leur(s) collection(s).

Le marché du livre est-il en crise ?

Pour Pascal non, les ventes sont stables depuis quelques années.

René a vendu en une journée pour l’équivalent d’environ 11 500 euros (7,5 millions de francs anciens) de disques dans les années 80 à l’espace Bonnefoy (Toulouse) un dimanche pluvieux. Aujourd’hui c’est à peu près 300 euros par journée environ.

Selon lui, la place de la culture est très importante dans le cadre de son métier. Il s’est instruit à travers les livres. Mais il avoue qu’il y en a qui se sont installé sans grandes connaissances culturelles, sans même avoir déjà ouvert un livre !

Si je vous présente des livres que je vends, comment les choisissez-vous ?

Il n’y a pas de choix sélectif, Le livre doit être propre. Il lit la préface et le dos du livre.

Vous faite en fonction de ce que vous aimez ? Pascal : « de ce que je vends bien surtout. Il faut se diversifier pour réussir ».

Ce qui est assez paradoxale c’est que Virgin s’écroule mais pour vous tout va bien.

Pascal : « les marchés du livre sont des marchés de proximité, de quartier ». Tout le monde n’a pas un ordinateur. René prend l’exemple de ses clientes régulières qui sont des personnes âgées. Il y a beaucoup de gens qui s’arrêtent par curiosité aussi. Et s’ils voient un livre ou un disque susceptible de les intéresser, ils achètent.

Pour les rencontrer : Pascal et René sont présent tous les lundis à Saint Cyprien, les mercredis sur la place du Capitole et le samedi matin sur la Place Saint – Etienne.

A-L

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