Y et salamec.

miroirSalut toi qui constitue la génération Y, toi dont tout le monde parle et que personne ne semble comprendre. Concept médiatique, ou génération spécifique, toi- et nous- nés entre la fin des années 80 et l’an 2000 sommes des « jeunes » assoiffés d’amour, d’argent, de travail, de voyages, d’ambition, de talents et de réussite. Paumés, inquiets, frustrés, pessimistes et révoltés,  nous formons une jeunesse qui galère, une jeunesse précaire. Individus connectés et mobiles nous sommes difficiles à cerner et à motiver. Nous qui nous moquons de l’autorité nous faisons parti de ces désenchantés politiquement et nous payons aux prix forts les effets de cette société dite en crise. Aguicheuse, notre jeunesse affectionne tout particulièrement les histoires d’amour foireuses qui nous détruisent, nous êtres sensibles à cause du divorce de nos parents.  Nous sommes la génération stéréotypée. Ivres et avides. Naïfs, immatures et individualistes, nous sommes la jeunesse des temps modernes.

Si vous aussi vous avez les sourcils qui circonflexes en lisant cette description, on vous invite ! Asseyez-vous, buvez un thé, nous allons discuter de cette jeunesse qu’on enferme dans une case, de cette jeunesse que l’on se plait à culpabiliser. Parce que oui, notre génération est bien plus belle que ce que vous croyez messieurs/mesdames les analystes.

Vous voyez ce qui nous titille dans cette histoire c’est la facilité que les gens ont à attaquer la jeunesse. On imagine qu’il en est ainsi depuis la nuit des temps mais c’est tout de même irritant.

La génération Y est perçue comme un groupe à part, et comme à chaque fois que de bonnes âmes distinguent une  » communauté étrangère » les mécanismes sont gros comme des cordons de minitels.

Tout d’abord, il y a la distinction proprement dite. Certains sociologues ou apparentés admettent et expliquent que ces jeunes sont différents. Sans sourciller ils mettent donc dans le même panier la totalité des individus européens entre 15 et 25 ans. A l’instar d’autres études, (par exemple us et coutume des italiens) ils ne s’embarrassent pas d’un « il ne faut pas faire de généralité » puisque l’idée c’est ca: faire des généralités pour mieux comprendre. Donc on rassemble tout le monde et on tire le portrait d’une génération qui ne fait pas envie ou bien qui fait peur. Car le problème n’est pas tant dans la généralisation mais dans la partialité de ceux qui la conduise.

Déjà nous aimerions qu’on nous justifie le bien fondé d’assimiler un londonien de 25 ans qui bosse dans les jeux vidéos, une adolescente de la creuse en première L et un agriculteur allemand de 23ans. Est ce que l’on pourrait nous expliquer par la même occasion que la voix de la génération Y française est une jeune auteure parisienne?

Mais admettons, les points communs. Jamie, Pauline et Ernst ont probablement un compte Facebook alors admettons que ca suffit. (Si cela suffisait il faudrait ajouter la grand-mère d’une amie qui a 81 ans, mais ca brouillerait les statistiques).

Mais le vrai problème pour nous, c’est bien la sévérité de la critique. On ne perçoit de ce groupe qu’une vision biaisée, un seul coté d’un masque à deux faces. Les spécialistes disent des Y – de nous- que nous sommes égocentriques, sur connectés mais solitaires. Certes nous ne sommes pas allés marcher sur la lune et nous n’avons pas inventés le téléphone mobile mais diantre que c’est faux ! Qui n’a jamais parlé des mouvements de solidarités que permettent les réseaux sociaux? On peut prendre comme exemple la diffusion massive d’une bande-dessiné pétition contre la surpêche qui a abouti à un projet de loi. Parlons aussi du mouvement de soutien aux espagnoles qui espérons portera ses fruits. Et de toutes ces autres choses comme les pétitions Avaaz contre la torture et pour les droits humains, du crowdfundind ,et cette liste est bien loin d’être exhaustive. Notre génération est collaborative et elle partage malgré ce qu’on nous force à croire.

Il parait que les jeunes sont inconsistants, trop exigeant, une plaie pour les entreprises. On pourrait les considérer au contraire comme doués de capacités d’adaptations, dans un monde où on leur répète depuis le CM1 qu’il n’y a pas de travail. Quoi! Ils osent se révolter quand on leur propose un service civique de 6 mois payés 500 euros alors qu’ils possèdent un master ? Les ingrats, ils devraient dire merci et baiser les pieds de celui qui accepte enfin de les embaucher pour trois fois rien après une expérience de six stages non rémunérés (alors que ce poste nécessitait à la base 15 d’expériences). Préférez plutôt leur répondre d’admirer la flopée d’entrepreneurs(es) et de start-up qui fleurissent autour de vous, des tas d’idées qui viennent à nous. Non le travail ne viendra pas à nous, et on le sait, mais nous viendrons au travail. Pas si bête, n’est ce pas ? 🙂

On dit d’eux qu’ils sont trop sensibles et immatures. Des immatures qui toutefois n’hésitent pas une seconde à aller étudier ou travailler à l’étranger. (Que celui qui ne connait pas au moins une personne vivant à Berlin nous contredise)

Les vilains jeunes seraient accro et détachés du monde réel. Là encore c’est une question de caractère et non d’âge. Nous sommes convaincus que les vieux briscards écrivant des articles sur les Y ont un Iphone, une tablette et regardent leurs mails aux toilettes (personnellement l’unique application de mon téléphone c’est la lampe torche).

Pour changer, nous aimerions donc lire une vraie analyse de ce « phénomène », si jamais il existe, et non une enfilade de clichés sur la jeunesse qui a toujours fait peur.

« Je n’ai plus aucun espoir en l’avenir de notre pays si les jeunes d’aujourd’hui doivent être les dirigeants de demain, car ils sont insupportables, inconscients voire effrayants. Si l’avenir de notre peuple est entre les mains de la jeunesse frivole d’aujourd’hui, il y a de quoi désespérer. Cette jeunesse se conduit avec une suffisance vraiment intolérable. » Ce n’est pas moi qui le dit mais Thèbes un poète grec ayant vécu au VIIIème siècle avant J-C (dans Les travaux et les jours d’Hésiode).

En Grèce antique déjà et surement après. Sommes-nous meilleurs que les autres? Nous nous voyons déjà dire à nos petits- enfant de la génération ZZ (car la génération Z existe déjà. Et oui il y en a pour tout le monde, celle-ci concerne toutes personnes nées entre 1990 et 2000).  » De mon temps on savait se servir de ses doigts, on savait lire, utiliser un écran. Vous avec vos échanges télépathiques vous perdez le sens commun. Et puis vous ne faites plus d’enfants…Quoi la planète? Et le bonheur d’être grand mère alors? Égoïste va! C’est ça débranche le télépathophone, oui le mentaline, peu importe, de toute façon on ne peut rien vous dire à vous les jeunes. »

Alors si vous aussi vous n’êtes pas d’accord avec cette génération Y qu’on nous décrit dans les médias, n’hésitez pas à laisser un commentaire pour nous dire et leur dire à quelle point votre- et notre- jeunesse est belle et ambitieuse.

On vous embrasse, on va regarder les anges de la télé-réalité

S-C & A-L (de la génération Y, non Z, bref on ne sait plus)

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