SFI, le purgatoire des nouveaux arrivants.


Lorsque tu changes de pays, tout le monde : tes amis, les amis de tes amis, la coiffeuse de ta mère, à une opinion sur la meilleure façon de « t’intégrer ». Certains plaident pour l’intégration complète, et me conseillent de fuir les autres français comme la peste. D’autres craignent de te perdre « ne deviens pas trop comme eux quand même… » La totalité de ces bonnes âmes s’accordent toutefois sur un point, « il faut apprendre la langue ! »jean-baptiste_greuze_ennui_d5391372h

Si tu as la chance de déménager dans un pays qui offre des cours gratuits, tu te dis « Bingo, je vais m’inscrire la bas, être en totale immersion et rencontrer d’autres braves étrangers ! Nous parlerons ensemble cette merveilleuse nouvelle langue qui sera la nôtre, et dans trois mois je lirais tous les polars à base de fille, de bidon d’essences et de putain d’allumettes en version originale ! »

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Tiens chéri, si on allait acheter du frometon?

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Nous sommes dimanche soir, un mélange de solitude, de sudoku et de soupe à la tomate. Comme je ne voudrais pas vous voir tomber dans la neurasthénie je me suis dit que j’allais profiter de ce moment de calme pour partager avec vous quelques observations sur l’espèce humaine. Bien sûr je suis loin d’être sociologue, ou experte en quoi que ce soit, mais depuis que je vends du fromage j’ai eu maintes fois l’occasion de me rendre compte à quel point les gens sont bizarres et complexes en même temps.

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Une fille concernée

Je sors avec une fille concernée.

Par conviction ou éducation elle ne plaisante pas avec le monde autour d’elle. Ayant fait sienne les refrains qui trainent dans l’air elle ne gaspille rien. Jour après jour, par imitation j’ai appris à ne pas acheter les légumes du Pérou et à mettre mes mégots dans la poubelle. Etant un garçon bien élevé je me suis soustrait à ma fainéantise habituelle pour suivre son mode de vie.

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Monstrueusement votre

Je suis Edward aux mains d’argent.

Je m’emmêle les lames à mettre mon manteau. J’ai du demander à ma voisine de m’aider à ouvrir la porte de l’immeuble et je n’ai bien sur pas réussi à sortir mon ticket de tram pour valider mon voyage. Même avec des ciseaux fixés à mes poignets et tous ces désagréments j’arrive à oublier ma nouvelle apparence très rapidement. Je me fais presque peur pendant une seconde en croisant mon reflet et puis je me reprends.  J’ai passé l’après midi à fixer des objets tranchants sur des gants de moto, à coudre des aiguilles, des tires bouchons et des lames de rasoirs. Malgré le temps consacré, et les blessures récoltées,  j’ai intégré ce costume aussi vite qu’une nouvelle coiffure. Seul les regards des autres gens me rappellent mon étrange accoutrement.

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